Convergence 20 août 2026
Introduction
Nous sommes des êtres relationnels
Nous sommes des êtres profondément relationnels. Pourtant, derrière chacune de nos interactions se cache une philosophie souvent inconsciente des relations humaines. Une sorte de boussole intérieure qui influence notre manière d’entrer en contact, d’interpréter les comportements et de réagir lorsque la relation devient plus exigeante.
Cette philosophie repose-t-elle d’abord sur la confiance ou sur la méfiance? Considérons-nous spontanément l’autre comme un partenaire potentiel ou comme quelqu’un dont il faut se protéger? Et comment concevons-nous l’équilibre relationnel? Comme le fruit de l’harmonie, de la conciliation, de la convivialité et de compromis gagnant-gagnant? Ou comme le résultat d’un rapport de forces où chacun doit défendre sa position pour ne pas perdre du terrain?
Notre façon d’aborder les conflits est tout aussi révélatrice. Imaginons, par exemple, un collègue qui remet en question l’une de nos décisions. Cherchons-nous à éviter la conversation en espérant que le malaise disparaisse? Nous raidissons-nous pour défendre notre point de vue? Ou accueillons-nous le désaccord comme une occasion de mieux comprendre l’autre et de construire ensemble une solution satisfaisante?
Notre paradigme relationnel agit un peu comme la paire de lunettes à travers laquelle nous regardons les autres. Nous oublions parfois que nous la portons, mais elle colore ce que nous voyons, ce que nous entendons… et ce que nous croyons possible dans une relation.
Prendre conscience de cette philosophie personnelle est donc essentiel. Tout au long de notre vie, elle influence notre façon de communiquer, de traverser les désaccords et, surtout, de créer — ou non — des liens solides et riches de sens.
Comme le rappelle l’un des postulats de la PNL: La façon dont nous communiquons détermine les résultats que nous obtenons dans la vie.
GUILLAUME LEROUTIER
Directeur du CQPNL
De la théorie des types logiques aux niveaux logiques en PNL
Par Guillaume Leroutier
La théorie des types logiques, développée par Alfred North Whitehead et Bertrand Russell au début du XXᵉ siècle, cherchait initialement à résoudre certains paradoxes de la logique mathématique. Son apport fondamental fut de montrer la nécessité de distinguer un élément de la classe à laquelle il appartient: une classe est d’un niveau logique différent de ses membres. Autrement dit, parler d’une chose et parler de la catégorie à laquelle cette chose appartient ne relèvent pas du même niveau.
Cette distinction influencera profondément Gregory Bateson, figure majeure de l’École de Palo Alto. Bateson transpose cette réflexion à l’apprentissage et à la communication humaine: nous ne faisons pas seulement l’expérience de comportements ou d’événements, nous construisons également des règles qui donnent un sens à ces expériences. Il distingue ainsi plusieurs niveaux d’apprentissage et de changement.
Prenons un exemple. Un manager peut apprendre à mieux formuler ses consignes : il modifie un comportement. Mais il peut aussi remettre en question sa conviction selon laquelle «un bon manager doit tout contrôler». Le changement ne concerne alors plus seulement ce qu’il fait, mais le cadre mental qui organise ce qu’il fait. Nous sommes passés à un niveau logique supérieur.
C’est comme au jeu d’échecs: déplacer autrement une pièce constitue un changement à l’intérieur du jeu; modifier les règles des échecs transforme le jeu lui-même.
Cette pensée systémique permettra également de mieux comprendre la métacommunication. Dire à un collaborateur: «J’aimerais que tu prennes davantage d’initiatives» transmet une information. Ajouter : «Si je te dis cela, c’est parce que j’ai confiance en ton jugement» communique sur la communication elle-même et redéfinit la relation. Nous changeons de niveau.
Robert Dilts et les niveaux logiques en PNL
En PNL, Robert Dilts a prolongé ces influences en développant ce que l’on appelle couramment les niveaux logiques ou niveaux neuro-logiques. Son modèle organise notamment l’expérience autour de plusieurs niveaux: environnement, comportements, capacités, croyances et valeurs, identité, auxquels peut s’ajouter un niveau de mission, de vision ou d’appartenance à un système plus vaste.
Cette grille permet de poser des questions différentes devant une difficulté : Où cela se produit-il ? Que fais-je ? Comment je m’y prends ? Qu’est-ce que je crois ? Qu’est-ce qui est important pour moi ? Qui suis-je dans cette situation ? Au service de quoi est-ce que j’agis ?
Pour Dilts, ces niveaux deviennent particulièrement importants dans le développement de la PNL dite de troisième génération, qui élargit le travail au-delà de la résolution d’un problème ou de l’acquisition d’une compétence. L’attention se porte davantage sur l’identité, la vision, la mission, la relation aux autres et aux systèmes auxquels nous appartenons.
La métaphore de l’arbre permet de comprendre cette évolution : on peut couper quelques branches — les comportements — mais si l’on veut une transformation profonde, il faut parfois s’intéresser au tronc, aux racines et au sol qui nourrit l’ensemble.
Les niveaux logiques nous rappellent ainsi qu’un problème exprimé à un niveau ne trouve pas toujours sa solution à ce même niveau. Changer ce que nous faisons est utile; transformer le cadre depuis lequel nous pensons, choisissons et donnons du sens peut changer beaucoup plus profondément notre expérience de la réalité.







